FRANCE - ALLEMAGNE 82 (avec Clarika)
(A. Barrailler / A. Barrailler - E. Tostain)
Album : Cador, 2005

Tu me jettes, tu me quittes, pas de quoi se jeter d'un tour.
Après tout, ça m'évite d'avoir à te jeter un jour.
J'ai porté des poids plus lourds, j'ai eu des astres plus désastreux,
des deuils et des crashs d'amour, des instants plus douloureux,
comme France-Allemagne 82...

Tu me balances, tu me laisses, pas de quoi faire une histoire.
Je vais tourner le dos à la fitness, manger comme un homme et puis boire.
Je n'aurai plus à m'émouvoir sur tes expos d'artistes bulgares,
tes films qui font pleurer les yeux encore plus tristes que
France Allemagne 82...

Tu as beau faire le cador, tu as beau faire le fier,
tu as beau vouloir te la jouer sport, tu as bien envie de pleurer ta mère.

Tu me vires, c'est très bien, pas de quoi en faire un drame.
Rira bien qui rira bien on verra pour qui les larmes.
Prends tes disques, tes livres et mon coeur, je n'ai plus besoin d'eux.
J'en aurai moins de rancoeur que n'en ont eu les bleus
de France-Allemagne 82...

Tu as beau faire le cador, tu trouves le hors-jeu un peu sévère.
Tu as beau vouloir te la jouer sport, tu as bien envie de pleurer ta mère.

Tu me jettes, tu m'exclus du jeu, tu me renvoies au vestiaire.
Tu peux me piétiner chez tu veux, me coucher sur une civière.
Tu peux me faire une Schumacher, je ne me tordrai pas de douleur.
Tu peux bien me casser en deux : après la pluie vient le ciel bleu.
Après la pluie vient le ciel bleu et après France Allemagne 82...
vient Rolland Garros 83.

A propos de cette chanson :
Cette idée d'une chanson sur ce match mythique est née d'une discussion de comptoir avec mon pote Martial, garçon de café et fan de foot. Mickaël Furnon de Mickey 3D, en écoutant la maquette, m'a proposé de chanter ce duo. Mais une voix de fille correspondait mieux au texte. Je gardais en tête la chanson de Clarika, Les garçons dans les vestiaires : le clin d'oeil était tentant. En écoutant le résultat, on se dit que c'était le bon choix !

COMME ELLE SENT BON, LA MER !
(A. Barrailler / A. Barrailler - E. Tostain)
Album : Cador, 2005

On en rêve tous un peu en secret de ces jolies amours bronzées,
Comme si la vie n'était pour de vrai qu'un très long slow de l'été,
Pour échanger des mots acidulés, des baisers trop salés, des glaces trop sucrées
Avec une jolie batave blonde et un peu conne, au camping de la plage comme dans un scopitone.

Hummm, comme elle sent bon la mer, l'huile de monoï et de coco,
La frite balnéaire, la graisse de roue de pédalo.
Hummm, comme elle sent bon la mer, l'esquimau froid, le chouchou chaud,
Comme elle sent bon la mer !

On en rêve tous sans se l'avouer d'être un héros de chanson yéyé,
On fait des rêves de love aux UV, de passer tout l'été à mater.
A l'horizontale, on se sent tout chaud. Nous serrent la gorge et le maillot.
Sous la chaleur, l'émotion des garçons supporte assez mal l'emprise du nylon...

Hummm, comme elle sent bon la mer...

Entre quelques tonnes d'eau sale et salée
Et quelques tonnes de béton bien armé,
On se bat pour s'allonger sur quelques mètres carrés
De sable et de mégots mélangés.

Hummm, comme elle sent bon la mer...

A propos de cette chanson :
Je n'ai jamais compris le plaisir grégaire et oisif d'une semaine de plage estivale. Il faudra qu'un jour on m'explique.

A VINGT ANS
(A. Barrailler / C. Allanic - A. Barrailler - E. Tostain)
Album : Cador, 2005

A vingt ans, on parle de refaire le monde.
A vingt ans, on parle de poser des bombes.
Etudiant, on parle de tout mettre en flammes,
mais seulement, seulement après les exams.

A vingt ans, on dit « c'était bien Woodstock ».
A vingt ans, on vivrait de rap ou de rock,
un peu militant, style mai 68,
mais d'abord révisons les partiels de lundi en 8.
A vingt ans...

Tu t'imagines que l'important c'est avant tout de prévoir
un avenir sûr et plein d'avoir.
Tu t'imagines avoir le temps pour le plaisir plus tard ?
Oui mais alors beaucoup plus tard !

A vingt ans, on veux faire le tour de la Terre.
A vingt ans, pour une cause humanitaire.
A vingt ans, on se voit briser les frontières,
mais à condition de ne pas trop manger la poussière.
A vingt ans...

Tu t'imagines que l'important etc...

A vingt ans, on voudrait la passion,
celle des vrais amants, sans loi ni convention,
mais on n'ose pas vraiment, on est trop sérieux.
Car étudiant, on est souvent si vieux.
A vingt ans, on souvent si vieux...

A propos de cette chanson : Mon pote Cyril, architecte, compose plein de jolies chansons à la guitare qu'il ne termine jamais. Un jour, je lui en ai piqué une et on l'a terminée avec Manu Tostain, mon comparse sur cet album. Le texte n'est venu qu'après, je trouve qu'il colle plutôt bien à la compo.

LES BIMBOS HIBERNENT ? (avec Mademoiselle K)
(A. Barrailler / A. Barrailler - E. Tostain)
Album : Cador, 2005

Les bimbos hibernent au premier froid venu.
Dès que le ciel est terne, elles ont disparu.
Et ça reste un mystère : où disparaissent-elles
du début de l'hiver jusqu'au dégel ?

Les bimbos hibernent. Voilà les Damart
et les collants de laine. Fini le léopard.
Voilà les nez qui coulent et les cols roulés.
Où sont toutes ces hanches qui roulent ? Les a-t-on rêvées ?

Va savoir d'où elles viennent toutes ces sirènes ?
Le soleil brille à peine et ma ville en est pleine.
Va savoir d'où elles viennent, quand elles se promènent ?
Elle chauffe à l'extrême, cette chlorophylle dans mes veines.

Les bimbos hibernent. Est-ce qu'elles se recroquevillent
comme les chenilles ? Est-ce que la science nous berne ?
Est-ce qu'elles ont des tanières, comme les ours polaires,
des nids comme des guêpes, ces jolies tailles de guêpes ?

Va savoir d'où elles viennent etc...

Tes yeux vont finir par s'user, à force de mater dans les angles.
Monsieur, tu vas finir par tomber, à trop te marcher sur la langue.

Les bimbos hibernent, les bombes sont désamorcées.
Nos sens sont en berne, nos libidos grippées.
Est-ce pour qu'on reste fidèle à l'abri des tentations
que migrent les hirondelles à la morte saison ?

Va savoir d'où elles viennent etc...

A propos de cette chanson :
Dans la vie d'un chanteur, il est important parfois de faire des chansons engagées. Celle-ci est un brûlot contre le complot médiatico-scientifico-politique qui nous cache tout, nous dit rien. Bref, je dénonce, je m'expose, je prends des risques !

A NOS ANCIENNES MAITRESSES
(A. Barrailler / T. Boulard)
Album : Cador, 2005

On se retrouve au hasard d'une crémaillère pendue,
ça fait bizarre de te revoir depuis le temps qu'on s'est perdu.
C'est bon de se noyer au soir dans un parfum qu'on a connu,
c'est prendre un bain de jouvence, une rue à contre-sens.

Je m'aperçois et c'est cruel, que tu es toujours aussi belle.
Je m'aperçois, j'en suis flatté, que tu n'es pas accompagnée.
On se fait la bise et ça fait drôle, c'est à peine si l'on se frôle.
Quand nos amours sont au cimetière, ils ne reste qu'à lever nos verres...

A nos anciennes maîtresses, qui nous blessent, qui nous blessent
et qu'on ne quitte jamais qu'à moitié.
A ces anciennes diablesses, qui nous laissent, qui nous laissent
le coeur un peu comme un cendrier.

Une heure passe, il faut s'avouer qu'on s'y reffrotterait bien un peu
à tout ça qu'on a possédé, juste pour se prouver qu'on le peut.
Sans l'air d'y penser, on y pense, on réchauffe le bain de jouvence,
on se repique au petit jeu, on se rebrûle à petit feu...

A nos anciennes maîtresses etc...

Souvent on se quitte bredouille, dans le goût de l'inachevé.
Parfois on replonge aux chatouilles, ça compte pas, on est bourré.
Quoi qu'il arrive au réveil, un je ne sais quoi est froissé.
On a vieilli dans son sommeil, les bains de jouvence sont souvent glacés.

A nos anciennes maîtresses...

Car chez nos anciennes maîtresses, ce qui nous blesse et nous désarme,
la vraie raison de tant de tristesse, la vraie raison, je le confesse,
c'est moins d'avoir perdu leurs charmes que d'avoir perdu la jeunesse.

A propos de cette chanson :
Thomas Boulard, le chanteur de Luke, a signé la musique de cette chanson. Et la violoncelliste est la même qui joue sur Madame rêve de Bashung. Pas mal, non ?
A noter qu'avec les Raoul Volfoni, on avait fait une autre chanson, pas mal du tout, autour de ce même texte.

HOLLYWOOD
(A. Barrailler / A. Barrailler - E. Tostain)
Album : Cador, 2005

On s'est rencontré dans la vraie vie des vrais gens.
Au cinéma, ça aurait été différent.
Au bord d'un lagon et d'une piscine de palace,
y'aurait eu des violons juste avant qu'on s'embrasse.
Mais on s'est rencontré au bord d'une photocopieuse ;
la vie parfois n'est pas très sérieuse.

On s'est engueulé dans la vraie vie des vrais gens.
Au cinéma, dans un monologue poignant.
Je t'aurais raconté mon drame d'enfance émouvant.
Tu m'aurais embrassé, pardonné sur le champ.
Mais j'ai eu, hélas, une enfance sans histoire ;
la vie, parfois, ne mérite pas d'oscar.

La vie n'est pas Hollywood. Les mauvaises prises, elles les garde.
La vie n'est pas Hollywood. C'est plus un film d'avant-garde.
La vie n'est pas Hollywood, ni doublure, ni trucage,
Ni coupure au montage. La vie n'est pas Hollywood.

On s'est séparé, moi mesquin, toi cupide.
Au cinéma, ça aurait été moins sordide.
On se serait retrouvé cinq ans après par hasard
dans une histoire d'action pleine de danger de mort.
J'encaisserais tranquille trente coups de poing par bagarre.
On se rendrait compte à la fin, qu'on s'aime encore.

La vie donne des coups, et même s'ils sont de foudre,
Ça nous donne souvent beaucoup de chagrin à moudre...

La vie n'est pas Hollywood etc...

A propos de cette chanson :
Au départ avec Manu Tostain, on avait fait une maquette très rock et assez sombre de cette chanson. C'est Matthieu Ballet, le réalisateur de l'album, qui y a ajouté cette touche cuivrée et festive.

EXCUSES
(A. Barrailler / A. Barrailler - E. Tostain)
Album : Cador, 2005

Tu n'es pas sans savoir que j'ai peur de la solitude.
Tu pourrais m'en vouloir si j'en faisais une habitude.
Tu n'es pas sans savoir qu'un homme est faible quand on le tente.
Tu n'es pas sans savoir que ce jour là, tu étais absente.
Tu connais le proverbe : les absents ont toujours tort.
Non, ne sois pas si acerbe, je suis pétri de remords.

Tu n'es pas sans savoir que j'avais bu un peu trop,
des tas de mélanges bizarres, dans lesquels pas beaucoup d'eau.
Tu n'es pas sans savoir, à mon corps défendant,
qu'à cette époque, notre histoire n'était pas à son firmament.
Tu n'es pas sans savoir que si c'était à refaire,
je ne revivrais pas ce soir, plutôt aller en enfer.

Je m'excuse, à genoux et la tête basse.
Je m'excuse, à plat ventre et de guerre lasse.

Tu sais, tu peux me croire, cette fille était très con.
Elle est sortie de ma mémoire, je ne sais même plus son prénom.
Tu sais, tu peux me croire, tu es mille fois plus belle qu'elle.
Tu sais, tu peux me croire, c'était purement sexuel.
Mais non ! Tu mélanges tout. Ça ne veut pas dire qu'entre nous,
dans ce domaine, ça ne marche plus. J'aime toujours autant ton cul.

Je m'excuse etc...

On ne peut pas comparer les coeurs des filles et des garçons.
Tu sais, pour en parler, on serait bien mieux au salon.
Il fait froid, il se fait tard et pieds nus sur le paillasson,
En caleçon dans le couloir, tu sais, j'ai un peu l'air d'un con.

A propos de cette chanson :
Chaque fois qu'on chante Excuses en concert, elle remporte un certain succès, surtout auprès des filles, qui la trouvent « très juste ». Sans doute qu'elle appuie au bon endroit. Ça sentirait le vécu ?

LES CHIENS DE FAÏENCE
(A. Barrailler / Les Raoul Volfoni)
Album : Cador, 2005

On roule dans un train pour Biarritz.
On se fait face en chiens de faïence,
l'acier des glaciers de ses yeux qui me fixent :
drôle de départ en vacances.
L'acier des glaciers de ses yeux m'examine
et c'est l'Alaska qui déferle sur moi.
Dans ma bouche, ma langue a tourné sept milles fois :
un mot s'élance, mes lèvres l'assassinent.

Quels sont les mots plein d'élégance,
quels sont les mots dans la balance
entre un héros de l'éloquence
et un chien de faïence ?

A l'instant où j'allai risquer une consonne,
l'inconnue est déjà sur un quai de Bayonne.
Et me voici assis en face de personne
à me répéter qu'elle n'était pas si bonne
et qu'on était de signe contradictoires :
elle était lyonnaise et je suis de la Loire.
Ici, un con se console comme il peut
de n'avoir pas dit les mots bleus.

Quels sont les mots plein d'élégance...

A propos de cette chanson :
Qui n'as pas déjà vécu un coup de foudre dans un métro, un train, une rue. Généralement, on n'ose pas aborder l'inconnue. On le regrette ensuite.

NOTRE ENFANCE
(A. Barrailler / A. Barrailler - E. Tostain)
Album : Cador, 2005

De notre enfance, on garde une maison, quelque part en France,
en pays de Provence ou de Lubéron, bref en pays de vacances.
Une table en fer blanc, à l'ombre d'un pommier,
et un hamac béant, plein de siestes à craquer.
Et en guise de piscine, un ruisseau, un lavoir,
envahi de glycines et de nénuphars.

Depuis, chaque bonheur que je connais a comme un goût de limonade,
de BN de quatre heures, d'Antésit dilué et de tartine de marmelade.

Avec nos cousins, on partageait plein de cabanes et de secrets.
Avec nos cousines, on ne partageait rien. Pourtant, qu'est-ce qu'on en rêvait !
On était King Kong, pendu au portique,
l'été en tong, à Pâques en bottes en plastiques.
On jouait au ping pong, c'est mieux que le tennis de table.
On sonnait le gong pour que l'on passe à table.

Depuis chaque bonheur etc...

Un jour pour un mariage, je suis retourné dans la maison d'été.
Les cousines de mon âge, aujourd'hui, sont mamans et ne me font plus rêver.
J'ai revu le lavoir, qui m'a semblé plus petit
et ses nénuphars, beaucoup moins jolis.
J'ai retrouvé dans un coin notre ballon de basket-ball :
au premier panier à trois points, je me suis démonté l'épaule.

Le goût du bonheur n'est plus ce qu'il était : éventée, la limonade,
les BN périmés, l'Antésit oublié, finies les tartines de marmelade.

A propos de cette chanson : C'est peu dire qu'elle est autobiographique, celle-là. Je traite de ces souvenirs d'enfance plus longuement dans A quoi jouent les garçons, le petit roman que je me suis amusé à écrire il y a quelques années.

NOS DUELS
(A. Barrailler / A. Barrailler - E. Tostain)
Album : Cador, 2005

On serait dans un film de Sergio Leone.
Avec l'harmonica d'Ennio Morricone.
Et nous avec un peu d'imaginaçion,
on serait deux cow-boys qui en font des tonnes.
Moi, par exemple, Billy the Kid,
toi Calamity Jane, ultra rapide
et nos voisins, derrière leurs volets
les témoins muets et pétrifiés
de nos duels, nos duels, nos duels.

Je tente la traversée du grand canyon
qui mène, à découvert, de la chambre au saloon.
Je tombe comme un bleu dans une embuscade,
je réponds par le feu à ta fusillade.
Lèvres pincées et regards de glace,
ils en ont de la gueule, nos face-à-face.
On s'en est lancé, des couteaux, des assiettes
et des tonnes de quolibets à la tête.
Nos duels, nos duels, nos duels.

Il était une fois dans l'Oise, une brute et un truand
qui s'entretuaient pour une sombre histoire d'argent.
Le jour où les vautours te dévoreront,
je crois bien qu'ils me manqueront.
Nos duels, nos duels, nos duels...

A propos de cette chanson :
J'aime bien donner un double sens à ce texte. Il s'agit bien sûr d'une histoire de scène de ménage. Mais à quelques mots près, elle raconte assez bien nos bagarres d'enfance avec mon frère Stéphane.

LES MARCHES
(A. Barrailler / Les Raoul Volfoni)
Album : Cador, 2005

Je monte les marches de mon employeur.
C'est peut-être parce que j'ai commis une erreur,
que je monte les marches de mon employeur.
C'est à cause de cette farce que je lui ai jouée tout à l'heure.
Je lui ai dit : « Merde, le boulot, t'as qu'à le faire tout seul ! »
J'aurai pas dû, ça va me perdre, mais ça vait de la gueule.
Alors je monte les marches de mon employeur,
je vois déjà la hache, le billot et j'ai peur.

Je monte les marches et je lègue, sous leurs acclamations,
mon poste à mes collègues, je sens leur admiration.
Je monte les marches et c'est bon. Je suis à Cannes, au festival.
J'ai en poche une nomination pour la palme du mec le plus mal.

Je monte les marches de mon employeur,
je monte vers Mars en apesanteur,
j'ai rendez-vous avec le Saint Père,
le grand gourou, le dieu de la guerre.
Mes deux genoux jouent des castagnettes
et mes doigts se nouent sur ma clef à mollette.
Je monte les marches de mon employeur.
Dire que c'est pour cette garce qu'on verse tant de sueur.

Je monte les marches et je lègue etc...

Je me souviens de ce jour avec bonheur.
Je me souviens de ce jour, où mon employeur
m'ai dit « Jeune fou, vous avez du caractère,
j'ai besoin d'hommes comme vous, je double votre salaire ».
Finis les trois-huit, je suis chef d'équipe
et je garde l'oeil sur mes sous-fifres.
Les tire-au-flanc, c'est promis, je les nique.
On est là pour faire du chiffre.

Du haut des marches, je délègue, je distribue les missions
à mes ex-collègues, je sens leur admiration.
Du haut des marches, c'est bon, je suis à Cannes au festival.
J'ai en poche une nomination pour la palme du mec le plus sale.

A propos de cette chanson :
J'ai fait de nombreux métiers. C'est sans doute parce que je le connais bien que j'aime chanter le monde de l'entreprise. Cette chanson est devenu un titre récurent de l'émission Là-bas si j'y suis de Daniel Mermet sur France Inter.

TOUTES LES FEMMES M'AIMENT
(A. Barrailler / A. Barrailler - E. Tostain)
Album : Cador, 2005

Toutes les femmes m'aiment, mon agenda déborde.
Toutes les femmes m'aiment : du Z au A, des hordes.
Toutes les femmes m'aiment, mon répertoire est plein
de femmes qui m'aiment... bien.

Je n'aime pas les choses qui durent,
j'aime les amours d'un soir.
Je veux bien des aventures
mais je ne veux pas d'histoires.
Je suis là pour vos ruptures,
lover intérimaire,
je suis là pour vos coups durs,
S.O.S. célibataire.

Toutes les femmes m'aiment etc...

C'est leur détresse qu'elles confessent
sur mon édredon :
rarement des mots de tendresse,
elles viennent pour des sensations.
Mais pour mes propres naufrages,
je n'ai pas personne à appeler :
pas de bouée de sauvetage,
de prénom auquel s'accrocher.

Toutes les femmes m'aiment, mon agenda déborde.
Toutes les femmes m'aiment : du Z au A, des hordes.
Toutes les femmes m'aiment, mon répertoire est plein,
toutes les femmes, même la tienne mon pauvre Lucien.

A propos de cette chanson :
J'aime bien ce texte. Pourtant, c'est une chanson qu'on a assez rarement jouée sur scène. Je ne sais pas pourquoi.

ANAÏS
(A. Barrailler / A. Barrailler - E. Tostain)
Album : Cador, 2005

Anaïs a quarante ans et ça lui fait de la peine.
Ça lui va bien, pourtant, cette mise en quarantaine.
Anaïs se trouve moins belle, je la trouve plus émouvante.
D'ailleurs, les belles ne sont pas celles qui font les belles amantes.

Chaque nuit, elle la donne
comme si c'était la dernière.
Chaque nuit, elle se donne,
se jette, l'âme la première.
Moi le passant, je m'émerveille
devant son coucher de soleil
sur l'horizon de son lit.

Anaïs se prête à nous jeux comme si elle était débutante.
Ayant brûlé ses premiers feux, elle n'en est que plus brûlante.
Anaïs, passent les années. Qu'importe qu'elles laissent des traces.
Plus sûrement que le feu follet, la braise fait fondre la glace.

Chaque nuit etc...

Elle a quelques cheveux blancs. Qu'importe qu'ils soient blancs ou blonds.
Elle dit « c'est la fin du printemps ». Moi, je me fous bien des saisons.
J'aurai dû te dire ça plus souvent, Anaïs, n'ai pas de chagrin,
c'est vrai tu as quarante ans, tu sais, ça vaut deux fois vingt.

Chaque nuit etc...

A propos de cette chanson :
On a beau cultiver une image de teigneux de mauvaise foi, il faut bien parfois laisser parler son côté tendre, non ?

LA BONNE HUMEUR
(A. Barrailler / Les Raoul Volfoni)
Album : Cador, 2005

Je me réveille, c'est insupportable
dans une inoxydable
atmosphère de bonne humeur.

J'ai beau me lever du pied gauche,
j'ai beau me brûler sous ma douche,
rien à faire, je suis de bonne humeur.

Ce petit chef à cheval sur l'heure
peut bien passer sur moi ses aigreurs.
Qu'il crie. Je suis de bonne humeur.

Le ciel est gris mais pas sur les plaines
où s'envolent mes rêveries lointaines.
Le ciel et gris ?
Je suis de bonne humeur.

L'autobus de dix-neuf heures
me passe sous le nez, c'est un farceur.
Qu'il passe. Je suis de bonne humeur.

Même ta mère peut venir en vacances,
il faut me rendre à l'évidence :
quoi qu'il se passe, je suis de bonne humeur.

Tout le monde ici est comme tout le monde ailleurs.
Ça pleure, ça rit, tout le monde. Ça vit, ça meurt.
Mais j'aime bien mon tout le monde à moi ce matin.

A propos de cette chanson : J'aime bien cette idée du personnage qui décide que rien ne pourra affecter sa bonne humeur. C' est un titre que j'avais enregistré avec mon groupe Raoul Volfoni. Pour la version Bartone, on a donné carte blanche au réalisateur, Matthieu Ballet, qui en a fait une adaptation très personnelle.

LES ENRACINES
(A. Barrailler / A. Barrailler - E. Tostain)
Album : Les enracinés 2007

A plusieurs, on parle souvent d'un ailleurs, de tout quitter, foutre le camp,
mais les pigeons ne sont pas tous voyageurs, c'est par bravade que l'on se ment.
Car il faut voir les choses en face, on ne quittera jamais la place :
nos maisons, nos boulots de merde, on aurait trop peur de les perdre.

Puis on les aime, ces presque frères, cul et chemise de la première
cuite très vite hebdomadaire jusqu'à l'ultime mise en bière,
puis on est fier de notre air pur et puis d'un maillot vert ou jaune,
qui emmaillote onze obscurs laborieux de seconde zone.

On restera bien sûr ici nous les enracinés,
à l'ombre de ces murs sous lesquels nous sommes nés...

On restera collé, on restera cloué, les pieds et poings liés,
on restera planqué, on restera planté, nous, les enracinés.

Parfois, il nous en revient un qui a eu le courage de déserter.
serait-ce pour le bled voisin, c'est déjà un aventurier.
On lit dans ses regards polis à nos réponses embarrassées,
quelque chose comme du mépris ou pire encore de la pitié.

On usera nos chaussures toujours sur le même pavé,
laissant à d'autres l'aventure, on restera pleins de regrets...

On restera collé etc...

Notre Eldorado ne s'allume que sur de tout petits écrans.
Et le petit joint que l'on fume, c'est tout ce qu'on verra de l'Orient.
Nos femmes subissent sans plus y croire nos promesses d'imminents départs.
La terre est ronde, mais pas vraiment pour qui a les chevilles dedans.

A propos de cette chanson :
Au départ, j'avais composé ce morceau dans l'optique d'en faire une ballade. Le réalisateur Alex Azaria l'a transformé en titre power pop. Mais la voix que l'on entend sur le disque est bien celle que j'avais enregistrée sur la maquette soft. Je n'ai jamais réussi à la refaire mieux.

A GENOUX
(A. Barrailler / Les Raoul Volfoni)
Album : Les enracinés 2007

Passer sans encombre l'enfance,
moyen partout en classe,
pour la forme, la crise d'adolescence
pour que jeunesse se passe :
c'est par paresse qu'on joue le révolté,
pour un seul qui se dresse, mille ne font que simuler.
Rouler deux - trois pelles en vitesse,
par devoir avoir son bac,
et puis découvrir la fesse
avec une copine de fac :
c'est en vitesse que l'on veut s'initier,
là voilà qui se baisse pour t'aimer...
... à genoux, à genoux, à genoux, à genoux :
si tu n'as pas d'audace, ne reste pas debout.

Et pour que la vie ait un sens,
devoir la vivre à deux
dans une bien courtoise attirance ;
l'amour, c'est dangereux :
c'est en vitesse que l'on veut s'intégrer,
le coeur tenu en laisse et les lèvres muselées.
Se trouver une place d'importance,
être un vrai professionnel,
savoir prévoir les vacances
et le tiers provisionnel :
c'est par paresse que l'on va travailler,
il y a plus de noblesse à vivre couché...
... qu'à genoux, à genoux, à genoux, à genoux :
si tu n'as pas d'audace, ne reste pas debout.

Puis s'assurer une descendance
moyenne partout en classe,
qui fera sa crise d'adolescence
pour que jeunesse se passe.
Par la trique ou la caresse, on saura les dresser,
le coeur tenu en laisse et l'échine courbée...
... à genoux, à genoux, à genoux...

A propos de cette chanson :
La chanson est avant tout un signe de l'air du temps. Parfois 2 chanteurs écrivent deux textes assez proches, au même moment, sans le savoir. Ce sont des chansons soeurs en quelques sortes. Je trouve que c'est un peu le cas de celle-ci avec Ça oublie d'aimer de Prohom.

MA CHERE EX
(A. Barrailler / A. Barrailler - E. Tostain)
Album : Les enracinés 2007

C'est vrai, c'est vrai, j'avais juré, naguère,
être tombé amoureux de vous,
mais voilà, quand on tombe, ma chère,
il arrive que l'on se remette debout.
C'est vrai, c'est vrai, nous formions un pluriel
plutôt singulier, moi et vous,
mais je crains que bientôt, c'est cruel,
« vous et moi » ne se dise plus « nous ».

Faut-il vraiment que je développe,
que je vous glisse dans une enveloppe,
mes raisons en salaud dans le texte,
mes salutations, ma chère ex ?

C'est vrai, jadis, je relevais vos défis,
j'étais votre esclave des nuits entières,
elles ne sont plus très blanches, nos nuits,
mais longues ! un vrai un solstice d'hiver.
C'est vrai je goûtais assez vos rondeurs,
j'aimais vos atouts plantureux,
aujourd'hui, je trouve du charme à la minceur,
et que vous devriez vous surveiller un peu.

Faut-il encore que je développe,
que je vous glisse dans une enveloppe,
mes raisons en salaud dans le texte,
mes salutations, ma chère ex ?

Les hommes sont des lâches, j'suis bien d'accord avec vous,
et l'on dit qu'ils se lassent de tout.
Aussi conviendrez-vous qu'en humble créature,
je ne peux aller contre ma nature.
Je vous informe donc, par la présente,
de la fin de notre liaison brûlante,
j'aurai pu, j'aurai du vous le dire en face,
je vous l'accorde, c'est pas très classe.

Faut-il toujours que je développe,
que je vous glisse dans une enveloppe,
mes raisons en salaud dans le texte,
mes salutations, ma chère ex.

A propos de cette chanson :
Le jeu ici était d'imaginer la pire lettre de rupture jamais écrite. Un exercice jubilatoire !

HISTOIRE D'AMOUR TIEDE
(A. Barrailler / A. Barrailler - E. Tostain)
Album : Les enracinés 2007

On s'est ramassé au bord d'un dancefloor,
parmi les fiévreux du samedi soir,
c'est une autre que je draguais mais un autre a été plus fort,
alors je t'ai raccompagné juste histoire de voir,
car la nuit, quand on s'ennuie,
on fait comme si on s'était choisi.

Rien ne me ferait plaisir autant que de finir toute la nuit dans tes bras,
rien sauf le plaisir d'aller dormir tout seul chez moi.
Rien ne te ferait plaisir plus que de t'étourdir toute la nuit dans mes bras,
rien sauf le plaisir de donner tes soupirs à un autre que moi.

Tu m'as laissé monter après négociation,
j'avais presque espéré que tu me dises non.
On s'est retrouvé dans ton meublé à la con,
à tenter de meubler la conversation,
car la nuit, quand on s'ennuie,
on fait comme si on s'était choisi.


Rien ne me ferait plaisir etc...

On a fini par échanger, vite fait mal fait, des soupirs.
Au petit matin, je titube dans des rues moches,
On a fini par échanger, nos numéros dans nos poches,
un jour de solitude, on s'appellera pour se dire :
Tu sais, la nuit, quand on s'ennuie,
on fait comme si on s'était choisi.

Rien ne me ferait plaisir etc...

A propos de cette chanson :
Jamais je n'ai eu autant de mal à terminer un texte. Le refrain très pop passerait très bien dans la langue de Skakespeare, mais pour la langue de Tintin, tintin ! J'en ai torturé des vers, dans tous les sens, j'en ai encore mal à l'hexagone !

LA DECHE
(A. Barrailler / A. Barrailler - E. Tostain)
Album : Les enracinés 2007

Je sais, je t'avais promis un tapis volant
voguant sous une pluie d'étoiles d'argent.
Tu prétends que mes étoiles sont en métal argenté,
et que mon tapis volant est un tapis volé.
J' t'ai promis, cher compagne, que je bâtirai un château,
mais j'ai ajouté « en Espagne », autant dire « pas de si tôt ».
Avant que tu me condamnes, sache que, du château,
j'ai quand même déjà la cabane, celle où on range les râteaux.

Vivre d'eau fraîche et d'amour,
avec dans le ventre et autour,
entre presque rien et pas grand chose.
Vivre d'eau fraîche et d'amour,
c'est beau, oui, mais pas tous les jours.
Comme disait Confucius, « l'eau de rose
tourne vite à l'eau de boudin
quand le frigo n'est pas plein ».

Je sais, nos fins de mois sont difficiles, les trente derniers jours surtout,
mais avec des bouts de ficelle, on pourrait joindre les deux bouts.
Pourtant toi, tu désespères, tu dis que l'amour est compromis,
qu'il est soluble dans la misère, que c'est une loi de la chimie.
Ventre affamé n'a pas de coeur,
tu dis qu'on s'aimera plus tard, quand j'aurai rempli les placards,
il me faut, j'en ai peur, avant l'argent du beurre,
trouver celui des épinards. Ca sera encore ceinture ce soir !

Vivre d'eau fraîche et d'amour,
avec dans le ventre et autour,
entre presque rien et pas grand chose.
Vivre d'eau fraîche et d'amour,
c'est beau, oui, mais pas tous les jours.
Y'a que dans La Bohème d'Aznavour
Que les humbles garnis sont glamours.

Il parait que l'argent n'a pas d'odeur,
la dèche en a une : goudron et plumes.
Il paraît que l'argent ne fait pas le bonheur,
Je suis nul en fortune, mais je sais que le manque de thune
fait par contre assez bien le malheur,
même... pour un chevalier errant,
sous une pluie d'étoile d'argent.
Vivre d'eau fraîche et d'amour,
avec dans le ventre et autour, etc...

A propos de cette chanson :
C'est un texte que j'apprécie particulièrement, le thème en est original. On aurait dû en faire un single, je trouve.

FAN CLUB
(A. Barrailler / A. Barrailler - E. Tostain)
Album : Les enracinés 2007

On me dit parfois que tu n'es pas très coquette,
que tu as plus une gueule de Roméo que de Juliette.
Je réponds à « on » que je l'emmerde et aussi
qu'un garçon manqué peut faire une fille réussie.
Tu sais, j'en ai vu, des starlettes sex-symbols, mais crois moi sur parole,
je ne t'échangerai pas contre un carton de lolitas, un lot de babydolls.

Tu serais ma star du r'n'b, je serais ton loup de Tex Avery.
Tu serais, Miss Monde sur mon globe, je serais ton fan club...
à moi tout seul.

Comment font les autres quand tu passes dans la rue
pour faire semblant de rien, pour ne pas créer la cohue,
pour ne pas pleurer, hurler, s'évanouir
brandir leur briquet, et debout t'applaudir ?
Tu sais, j'en ai vu, des divas du rock'n'roll, mais c'est toi mon idole,
je ne t'échangerai pas contre un wagon de Madonna, un cargo de Diana Krall.

Tu serais ma star du r'n'b, je serais ton loup de Tex Avery.
Tu serais, Miss Monde sur mon globe, je serais ton fan club...
à moi tout seul.

Dans tous mes hits, en tête tu caracoles,
A ton sujet, j'édite un fanzine press-people
Là où d'autres ne voient qu'une voisine trop discrète,
Je vois deux feux de forêt caché sous des lunettes.

Tu serais ma star du r'n'b, je serais ton loup de Tex Avery.
Tu serais, Miss Monde sur mon globe, je serais ton fan club.
Je serais ta foule en délire, ton cher public, ton Bercy qui chavire,
ton dernier rang et ton parterre de photographes,
tes milliers de jeunes filles qui se battent pour un autographe,
les groupies qui t'envoient des bouquets,
les paparazzi cachés dans les bosquets,
le peuple en transe qui t'expédie chaque jour,
des quatre coins de la France, des millions de lettres d'amour,
je serai ton fan club, ton fan club...

A propos de cette chanson :
J'aime toujours jouer ce titre en concert. Il est diablement efficace. Même si la réalisation un peu sophistiquée de la version album lui fait perdre en efficacité, à mon goût.

L'ENDORMIE
(A. Barrailler / A. Barrailler - E. Tostain)
Album : Les enracinés 2007

Au beau milieu d'une nuit de novembre,
nous étions alors colocataires,
je me suis introduit dans ta chambre,
je sais bien, ça ne sont pas des choses à faire.
Il n'est pas très glorieux de surprendre
une fille qui dort, je n'en suis pas fier,
mais des parfums de vanille et d'ambre,
m'attiraient malgré moi dans ton sanctuaire.

Dans l'ombre, je devinais sans voir,
Morphée et toi étiez enlacés.
Puis ma vue s'est habituée au noir,
et Morphée n'était plus qu'un simple oreiller.
Ta robe traînait par terre, dans ta chambre,
tes clopes et une tasse, sur le rebord de fenêtre,
sur la chaise, une paire de bas se cambre,
sur la table, ouverte, une lettre.

C'est beau, une endormie, c'est beau, une fille, la nuit.

Tu as bougé, un cauchemar, peut-être,
le drap a glissé, c'était trop beau pour moi,
j'ai préféré détourner la tête,
puis je me suis enfui à tout petits pas.
Je me suis retrouvé dans ma chambre,
le sourire aux lèvres, le coeur au paradis,
au beau milieu d'une nuit de novembre,
je n'ai jamais, je crois, aussi bien dormi.

C'est beau, une endormie, c'est beau, une fille, la nuit,
quand la lune, par une embellie, illumine sa géographie.

A propos de cette chanson :
Cette chanson m'est venue en voyant une scène de Nelly et M. Arnaud, un film de Claude Sautet. Cette scène m'a rappelé des souvenirs personnels. J'adore les films de Claude Sautet : ces messieurs des années 70, toujours une clope au bec, un verre de whisky à la main, et qui ont du mal à devenir des hommes modernes et tombent immanquablement amoureux de Romy Schneider... Ils m'émeuvent, ils me rappellent mes oncles. Sautet, c'est de la dentelle : dire tout avec du presque rien...

TAXI (avec Typhaine)
(A. Barrailler / A. Barrailler - E. Tostain)
Album : Les enracinés 2007

Il prend mon toit pour une gare, il entre et sort sans crier gare,
il prend mon toit pour un moulin, comme il veut, il y va et vient.
Il prend ton toit pour une gare, où il est en correspondance
un port ou un aérogare, il y est toujours en partance.
Il prend ton toit pour un hôtel, douze mois sur douze, libre, hors saison.
Moi qui suis ton ami fidèle, je te supplie de larguer ce con.

Et j'ai beau faire, souffrir pour ses beaux yeux,
mes aveux l'indifférent, pour lui, je n' suis qu'un jeu.
Je serais une poire si j'étais un fruit.
Comme voiture, je serais un ... taxi.

Il prend ton coeur pour une gare, une autoroute ou une passoire.
Moi, ton confident, tu peux me croire : il prend ton coeur pour un boulevard.
Il te prend pour un château fort au pont-levis toujours baissé,
pour une consigne, un coffre-fort, dont il a le code secret.

Et j'ai beau faire, etc...

Il prend mon lit pour une gare, il ne fait jamais qu'y passer.
Il prend ton lit pour une gare, où il serait le TGV.
Il prend mon lit pour un trottoir, comme il veut, il y va et vient.
Il prend ton lit pour un trottoir, pas besoin d' te faire un dessin.

Et j'ai beau faire, etc...

Tu as beau faire, souffrir pour ses beaux yeux,
tes aveux l'indifférent, pour lui, tu n'es qu'un jeu.
Regarde comme il te mène la vie dure,
tu as beau faire, il n'aime que lui.
Mais tous les hommes ne sont pas des ordures :
il est loin et moi je suis ...ici.

A propos de cette chanson :
« Si j'étais une voiture, je serai un taxi » : cette phrase m'est venue un jour à l'esprit. D'une phrase naît parfois une chanson. J'ai enregistré ce duo avec ma compagne. La méthode Gainsbourg, quoi !

ENFIN ! - Un peu d'électricité
(A. Barrailler / A. Barrailler - E. Tostain)
Album : Les enracinés 2007

J'ai fait dans le rasta engagé, prêcheur pour élèves de 3ème,
celui qui sur scène ne se gêne pas pour dénoncer le système.
Avec mes potes, dans une poubelle, j'ai fait le tour des fiestas rurales,
j'ai chanté « respect Babylone, fume la ganja ! » pour quelques bières artisanales.
Et puis.... Et puis....
Et puis j'en ai eu marre d'être un gentil anar, trop vieux pour mes fringues d'ado,
d'être inoffensif sous mon bonnet de ska festif, de dire tout haut c' que tout l' monde pense tout haut.

Enfin ! Enfin ! Un peu d'électricité
dans un, dans un, dans un monde de binious.
Enfin ! Enfin ! Un peu de brutalité
dans un, dans un, dans un monde de doux.

J'ai été ensuite très à mon aise, dans la nouvelle chanson française,
trentenaire qui croque son quotidien, où l'urbain se reconnaît si bien,
chanteur réaliste sur les bords, dans la lignée de chanteurs morts,
cynique mais quand même spirituel, j'ai charmé les centres culturels.
Et puis j'en ai eu marre d'être la star d'étudiantes en philosophie,
de la valse à trois temps, de Brassens et Boris Vian, et des lectures de poésie.

Enfin ! Enfin ! Un peu d'électricité etc....

Plus de messages démagogues,
Plus de rimes pédagogues,
Me voilà red'venu bouledogue,
sexe, rock'n'roll et drogue.

Enfin ! Enfin ! Un peu d'électricité etc....

A propos de cette chanson :
Sous des airs autobiographiques, c'est chanson est l'occasion d'un (gentil) coup de griffe à une certaine chanson franchouillarde d'aujourd'hui. Vincent Blaviel, le directeur artistique (breton) de l'album, trouvait que le mot « biniou » n'avait pas grand-chose à faire ici. Il avait raison. Mais j'ai beau eu chercher, je n'ai pas trouvé autre chose.

QUAND LA NUIT TOMBE, JE SOMBRE
(A. Barrailler / Les Raoul Volfoni – A. Azaria)
Album : Les enracinés 2007

Ca y est, elles se vident, les classes,
elles s'emplissent, les terrasses,
déjà, le ciel est moins bleu.
Les fontaines qui scintillent
et les jolis rires des filles
nous font cligner les yeux.

Ca y est, les écrans s'éteignent
quand s'allument les enseignes
et voilà que dans le ventre
des bus pleins jusqu'aux portes,
la foule des gens qui sortent
croise celle des gens qui rentrent.

Quand la nuit tombe comme une bonne nouvelle, je sombre.
Quand la nuit tombe, je tombe avec elle, dans l'ombre.

Je sors flâner un peu,
c'est ce que je fais le mieux :
exercer ma paresse.
C'est l'heure belle et tranquille
juste avant que la ville
ne se change en tigresse.

Ca y est, le soleil nous quitte
et le coeur bat plus vite,
j'arrive au rendez-vous.
C'est mon heure préférée,
l'heure de te retrouver,
pour jouer les loups-garous.

Quand la nuit tombe etc...

A propos de cette chanson :
Dans les albums de Bartone, nous avons repris plusieurs chansons du dernier album de mon groupe Raoul Volfoni. Avec plus ou moins de bonheur. Pour celle-ci nous avons décidé de changer totalement le refrain. Avec le recul, je trouve la version des Raoul Volfoni bien meilleure.

ROULE
(A. Barrailler / A. Barrailler - E. Tostain)
Album : Les enracinés 2007

Après trois semaines estivales, avec la plage pour maison,
après trois semaines estivales, à jouer au couple de Robinson,
trois semaines !
Il va nous falloir retourner à nos horaires à la con,
il va nous falloir recourber la tête dans le guidon,
trois semaines...

On en sniffe de la ligne blanche,
on en bouffe du macadam
du travail vers les vacances
et puis des vacances au travail,
allez roule, roule.

On croise ceux qui ont de la chance
d'être aoûtiens, dans l'autre sens :
eux descendent vers la mer,
nous sur le sentier de la guerre,
allez roule, roule.

On en avale de l'autoroute,
jusqu'à ce que l'oeil s'accoutume
au diagramme des taches de mazout,
joli motif sur le bitume,
stop !

Pause café et pétrole, toilettes et bonbons menthol,
pendant que je claque la portière, je te vois qui rêvasse,
sur la plage arrière, nos deux pull-overs s'entrelacent,
on joue au couple de cinéma : à nos trousses, la C.I.A.

De retour dans l'habitacle,
le soir tombe, on se sent bien,
les yeux rivés sur le spectacle
des feux arrières d'autres humains,
allez roule, roule.

On en sniffe de la ligne blanche,
ça défile comme un cardiogramme.
Elles nous apaisent, ces petites errances :
calme plat sur nos états d'âme,
allez roule.

Par ta vitre entrouverte,
un peu d'air tiède pénètre,
je l'ai vu soulever ta robe d'été
pour une seconde d'éternité,
allez roule.

A propos de cette chanson :
Je trouve la production de ce titre particulièrement réussie. Quelle puissance ! C'est jouissif. Mais comme je tourne essentiellement en formation acoustique, je n'ai jamais eu l'occasion de jouer Roule une seule fois avec une formation rock sur scène. J'espère pouvoir me libérer de cette terrible frustration un jour.

LONDON PANAME
(A. Barrailler)
Album : Les enracinés 2007

J'aurai aimé voir Jacques Brel, à Paris, en concert,
j'aurai aimé boire des bières avec Joe Strummer,
ou pourquoi pas l'inverse,
pourvu que l'on se renverse.
Il m'aurait dit comment il a eu la bonne
idée d'Amsterdam ou de Guns of Brixton,
avant que l'on se disperse,
avant que l'on se déverse.

Sous mon London Bridge coule la Seine.
Mon sacré coeur vibre pour Big Ben.
London ou Paname, c'est mon dilemme.

En rêve, je joue dans un film avec Arletty,
puis je rejoins Emma Peal au fond de son lit,
et même parfois l'inverse,
pourvu que l'on se renverse.
A l'aube, on fumerait une blonde, tout nus et ravis,
à l'heure blême ou Londres ressemble à Paris.

Sous mon London Bridge etc...

London ou Paname ?
Paname ou London ?
London ou Paname ?
Guns of Brixton
ou Amsterdam ?

Sous mon London Bridge etc...

A propos de cette chanson :
J'ai composé celle-ci alors que l'album était presque terminé. Alex Azaria a écrit très vite de beaux arrangements. Le matin où les violons de l'Opéra de Paris doivent enregistrer cette chanson, je me rends au studio, heureux et impatient. A la station Père Lachaise, alors que le métro arrive, sur le quai, une femme, juste devant moi, se jette dessous. Sous le choc, je m'enfuis. Sans trop savoir comment, je me retrouve errant dans les allées du cimetière. Le temps de reprendre mes esprits, j'arrive deux heures plus tard au studio. Au premier accord joué par le quatuor, je fond en larmes, de ce trop plein d'émotions mêlées. La vie vous réserve parfois de drôle de carambolages.

LE PLANEUR (avec Candide)
(A. Barrailler / A. Barrailler – R. Podeur)
Album : Du sable dans les poches, 2011

Depuis ta tendre enfance.
t'es largué en permanence,
Tu ne donnes jamais l'heure,
où qu' tu sois tu es ailleurs.
On te surnomme « le planeur ».
 
Puis arrive l'adolescence,
 tu brilles par tes absences ;
Au moment de la sa sentence,
un professeur de cinquième
t'a écrit ce poème:

Trop souvent le nez en l'air,
et du vent dans le cerveau.
Trop souvent colocataire
de son vieil ami Pierrot. 
Trop souvent le nez en l'air,
Et du vent dans le cerveau
Perdu dans la stratosphère,
en mission sur Apollo.

Ta chaussure droite à gauche,
tes lunettes sous la douche.
Tu mets ta cravate à l'envers,
tes dossiers au  frigidaire.
Ton patron t'a dit hier :
 
Trop souvent le nez en l'air, etc...
 
Quand sonnera l'angelus,
sur ton cumulonimbus,
pour toi, l'olibrius,
au milieu des chrysanthèmes,
on fera graver ce poème :
 
Trop souvent le nez en l'air, etc... 

A propos de cette chanson :
Candide m'a accompagné un moment en concert, comme guitariste choriste. Sur scène Notre complicité et notre complémentarité était évidentes. Pour cette chanson, j'avais un couplet et un texte de refrain. Il a trouvé le reste. On n'arrivait pas à savoir si c'était une chanson plutôt pour lui ou plutôt pour moi, alors on l'a enregistrée en duo.

LE SUPER HEROS
(A. Barrailler)
Album : Du sable dans les poches, 2011


Je suis le seul super héros qui n'a pas de supers pouvoirs.
Je suis une sorte de sous- Zorro, sans Bernardo no Tornado ni gloire.

Je ne m'envole pas, ni ne fais des sauts, et j'ai même un peu peur du noir.
J'ai bien plus de bas que de hauts, t'es bien placée pour le savoir.

Je suis le seul super héros sans triceps sous latex noir.
un Spiderman ramollo, un Superman en forme de poire.

Pour sauver le monde, je le crains, c'est sans moi qu'il faudra compter.
La veuve blonde et l'orphelin, vont encore longtemps en baver... je le crains.

Je suis le seul super héros qui n'a pas de supers pouvoirs.
un Steve Austin en promo, une sous-marque de Malabar.

Je suis un héros zéro peut-être,
N'attends pas que je décroche la lune.
Mais dans mes yeux, sois sûre d'être
une espèce de Super Brune.
C'est banal, je t'écris des lettres :
n'attends pas que j'me téléporte.
Je ne surgis jamais par ta fenêtre,
mais c'est très bien déjà par la porte !


Pour sauver le monde, je le crains, c'est sans moi qu'il faudra compter.
La veuve blonde et l'orphelin, vont encore bien mais alors bien bien bien ramasser... je le crains.

Je le seul super héros qui n'a pas de supers pouvoirs...
...si ce n'est tout de même, c'est déjà beau, celui de super t'émouvoir.

A propos de cette chanson :
J'ai rencontré Fred Large, le réalisateur de l'album, par l'intermédiaire de Vincent Blaviel, mon ancien D.A. de Sony. Il pensait que « ça pourrait coller » : ça a collé. Travailler avec Fred est un bonheur : tout paraît simple. Dans ses arrangements, il arrive mieux que personne à rendre le second degré qui habite mes textes. Cette chanson en est l'exemple parfait.

QUADRA
(A. Barrailler / P. Lavandon – F. Poggio)
Album : Du sable dans les poches, 2011

Chaque matin, dans ta glace, un quadra dégénère,
le vieux beau prend la place de feu le trentenaire.
La blonde qui te console a l'âge d'être ta fille.
La jeunesse est frivole : elle aime bien ce qui brille.

Longtemps, tu fus le loup, et te voilà l'agneau,
Te voilà midinette toi qui fus leur bourreau.
Avec quinze ans de moins, elle mangerait dans ta main.
La jeunesse est cruelle, elle ne respecte rien.

Tu voudrais bien en rire,
mais est-ce qu'on rit tout seul ?
Tu te sens rajeunir,
est-ce que t'as vu ta gueule ?
Avec ton teint de cire froissé comme un linceul,
certains matins, sans rire, est-ce que t'as vu ta gueule ?

Ton ex femme, tes enfants, ne te parlent plus du tout.
Contre des billets verts, t'espères leurs billets doux.
Au bureau, les juniors te respectent comme un père.
T'aimerais mieux qu'ils t'invitent quand ils vont prendre un verre.
Quand j' te vois trop en faire,
je pense à la fin d'Elvis.
Plus tu t' fringues comme ton fils,
plus tu ressembles à ton père.

Tu voudrais bien en rire...
Avec ton teint de cire...

A propos de cette chanson :
Pour la chorale finale, j'ai organisé un apéro à la maison, et j'ai fait chanter les convives. Un chouette souvenir !

LA BARRIÈRE DE LA LANGUE
(A. Barrailler / A. Barrailler – P. Lavandon)
Album : Du sable dans les poches, 2011

Sur la plage de Benidorm,
je nourris des phantasmes énormes,
je rêve d'orgasmes hors-normes.
Sur la plage de Benidorm,
toutes les chicas sont si bonnes,
je ne tiens plus mon corazon ;

Sur la plage de Benidorm,
c'est bondé de babydolls
de Lara Croft espagnoles.
Moi, j'e me sens plus Bibendum,
Dans la couleur et la forme,
Mais il me reste les belles paroles.

Costa Blanca, Costa Brava, sur la plage, putain, j'en bave,
quand tous ces petits culs tanguent,
Costa Blanca, Costa Brava, il serait temps que je brave
la barrière de la langue...

Sur la plage de Benidorm,
chaque fois qu' je tente une approche,
au bout de trois mots, je décroche.
Ma frustration est énorme :
Merde, j'ai pas fait deux mille bornes
pour une soirée ciné – pop corn !
- J'ai le syndrome Aldo Macione.

Costa Blanca, Costa Brava, sur la plage, putain, j'en bave,
quand tous ces petits culs tanguent,
Costa Blanca, Costa Brava, il serait temps que je brave
la barrière de la langue...

Costa Blanca, Costa Brava, sur la plage, putain, j'en bave...
Costa Blanca, Costa Brava, il serait temps que je brave
la barrière de la langue...

A propos de cette chanson :
Après un long travail d'étude de la musique latino, une évidence s'impose... Toute chanson espagnole digne de ce nom doit impérativement comporter le mot « corazon » !

EXQUISE ENNEMIE
(A. Barrailler / A. Barrailler – F. Poggio)
Album : Du sable dans les poches, 2011

A perdre haleine, je cours les collines,
Je bats la campagne, je hante les sous-bois,
jusqu'à ce que je saigne, dans les buissons d'épines,
ça fait mal tout ça, mais toujours moins que toi.

Quand vient la nuit, je brûle mes ailes
jusqu'à plus soif, et dans d'autres bras,
dans des paradis toujours plus artificiels,
ça étourdit tout ça, mais toujours moins que toi.

Quoi qu'ils disent, je ne trouve pas
plus exquise ennemie que toi.

Ils me présentent des filles pour reprendre ton rôle.
Même sur talons aiguilles, elles t'arrivent à l'épaule.
Je m'ennuie, c'est un fait, je reconnais ma défaite
En la présence de ton absence.

Quoi qu'ils disent, je ne trouve pas
plus exquise ennemie que toi.
L es couteaux qui s'aiguisent... Ça me manqué, crois-moi,
Mais où trouver plus exquise ennemie que toi ?

J'adorais te haïr mi amor,
Tu me griffes et je te mords,
j'adorais nos sanglants corps à corps,
je m' croyais le plus fort, j'avais tort
C'est toi le matador
Moi c'est la poussière que je mords.

Quoi qu'ils disent, je ne trouve pas
plus exquise ennemie que toi.
L es couteaux qui s'aiguisent... Ça me manqué, crois-moi,
Mais où trouver plus exquise ennemie que toi ?

A propos de cette chanson :
Sous ces airs romantiques, entre les lignes, on pourra lire dans cette chanson un hymne sado-maso. Sébastien Roignant, qui en a fait le clip, l'a bien compris.

LE JOUR Où JE TOMBERAI
(A. Barrailler / A. Barrailler – P. Lavandon)
Album : Du sable dans les poches, 2011

Le jour où je tomberai, plus ou moins fané,
sous les balles de l'ennemi ou la flèche des années,
j'emporterai au monde du silence
mon petit savoir, mes grandes ignorances.
J'emporterai les fleurs du printemps,
les fruits d'été et mes secrets d'enfant.

Le jour où je tomberai, me survivront, c'est mon drame,
la beauté des forêts et la beauté des femmes.
Me survivront trop de fiancées,
que j'ai souvent mal aimées,
Me survivront, moins nombreux
des amis que j'ai aimés mieux.

Le jour où je tomberai, je n'aurai plus rien à craindre.
vous qui resterez debout, c'est vous qu'il faudra plaindre,
peut-être pleurerez-vous
sur mon corps immobile,
du sanglot de braves,
ou des larmes de crocodiles.

Le jour où je tomberai, saisi de regrets immenses,
Veuillez ne garder de moi que l'idée d'une danse.

A propos de cette chanson :
« Mon petit savoir et mes grandes ignorances » : ces quelques mots me viennent d'une discussion avec mon père : un poète en son genre.
On a écrit et enregistré cette maquette avec Pierre Lavandon en une journée. Au moment de réaliser l'album, on a décidé de n'y rien toucher.

COMME UN SAUVAGE
(A. Barrailler / A. Barrailler – F. Poggio)
Album : Du sable dans les poches, 2011

Quand j'en aurai marre de caresser tes boulevards,
et tes saints Lazare, hm hm hm, hm hm hm,
de tes airs canailles et ta peau couleur de grisaille,
j'irai vivre tranquille, sur une île, sur une île...

Comme un sauvage dans mon canoë,
comme un sauvage, sous les alizées,
poursuivre à la nage des poissons dorés,
et au bar de la plage, le vendredi soir, y croiser Crusoé...

Quand j'en aurai ma claque de ton haleine de cloaque,
de ta bouche de metro- politain, hein hein hein.
de faire tête bêche de la lèche à tes vitrines,
j'irai vivre tranquille, sur une île, sur une île...

Comme un sauvage dans mon canoë,
comme un sauvage, sous les alizées,
draguer sur la plage de jolis vahinés,
et sur le rivage, leur faire le coup du ukulélé...

Je ferai de soirées paillettes autour d'une noix de coco
avec deux, trois bonobos : jolie jet set !
J'aurai pour Tour Eiffel un palmier dressé vers le ciel
quand j'irai vivre tranquille, sur une île, sur une île...

Comme un sauvage dans mon canoë
comme un sauvage, sous les alizées,
vivre comme un sage, sans électricité,
à l'ombre des feuillages, toute ma vie en été,
Comme un sauvage...
comme un sauvage...
Faire un feu sur la plage, et puis autour, danser,
en contemplant le large... Oh regarde, y'a un naufrage ! Tiens, c'est un pétrolier...

A propos de cette chanson :
Avec François Poggio, on avait écrit cette chanson dans le but de la proposer à Julien Doré pour son premier album. Mais comme elle était trop bien, on l'a gardée pour nous! Je la dédierais volontiers à Richard Gotainer.

LOW COST CROONER
(A. Barrailler / A. Barrailler – F. Large)
Album : Du sable dans les poches, 2011

J'aimerai chanter mes guimauves sarabandes
devant des têtes blondes qui se déchaînent
Mais mon public, c'est un champ de lavande
En guise de culottes on m' jette des gaines.

Je suis le low cost crooner,
Je suis le chanteur de charme au rabais..
Le low cost crooner
Je suis le chéri de ces dames à moindre frais.

Je sais par coeur les gestes, j'ai mon rituel,
J'enfile ma veste puis gomina, rimmel,
Un verre de gin puis je monte sur le ring.
Avant de partir, l'ouvreuse, sur le parking.

Je suis le low cost crooner, etc...

Ce soir ça va être dur, je le sens tout de suite
J'suis monté sur scène comme on prend la fuite.
Mon noeud pap bat de l'aile, ma voix déraille,
J'me perds dans les paroles mon public baïlle.
Pour sauver la soirée, je tente un jongle,
Sous les rires les sifflets, mon micro tombe.
Demain l'article dans la presse locale
N'épargnera pas le chanteur de bal.
Un jour, je n'en pourrai plus de cette vie minable,
On me retrouvera pendu au bout d'un câble.
Et ma tournée mondiale en Bretagne Sud
Va se terminer plus tôt que d'habitude.

Adieu le low cost crooner...
Adieu le chanteur de charme au rabais.
le low-cost crooner
adieu le chéri de ces dames à moindre frais.

A propos de cette chanson :
Celle-ci, je la dédie à tous les Iglésias de seconde classe, les James Blunt de discount, les sous-Sinatra, sous-Salvador, sourires à 38 dents et voix d'or.